Comic Party

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Les animés traitant des “otakus” ou même des fans d’animés/mangas sont plutôt rares. Je pense que tout le monde connaît l’excellent Genshiken et que bon nombre d’entre vous adulent Otaku No Video. Il existe un autre titre que l’on oublie souvent et qui se propose cette fois-ci de vous emmener visiter le joli monde des doujinshi : Comic Party. Adapté d’un hentai-game de Leaf, l’équipe déjà responsable de To Heart, mais ne contenant aucun contenu sensible, cet animé m’a surpris par son humour déjanté et le réalisme avec lequel il traite du monde du manga amateur.

On y suit Sendou Kazuki, lycéen tout à fait normal, qui se fait entraîner dans l’univers des doujinshi par son ami d’enfance Taishi. Alors qu’une journée comme les autres se préparait, Taishi emmène Kazuki et son amie d’enfance Mizuki à une convention de doujinshi. Il est captivé par ce nouveau monde et fait rapidement la connaissance de Yuu, une jeune artiste plutôt reconnue et de Eimi Ohba, l’auteur ultra-populaire du moment. Kazuki se verra vite dessiner son premier manga sous l’impulsion de Taishi et devra apprendre la dure réalité du métier, notamment lors des conventions et Mizuki verra alors son “ami” se désintéresser petit à petit d’elle.

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Yuu, Kazuki et Taishi.

La trame parait faiblarde exposée comme cela et elle l’est bien en réalité. Tout l’aspect de l’animé où Kazuki apprend à devenir un “parfait petit dessinateur de doujins” est toujours bien traitée : il apprend petit à petit qu’imprimer ses mangas coûte cher, qu’il faut une belle couverture ainsi que du contenu “à la mode” pour attirer le lecteur ainsi que des pancartes pour pousser le passant à se diriger vers son stand. Il ne fait à aucun moment dans l’animé des ventes extraordinaires et a du mal à trouver des premiers clients; doit travailler pour payer l’impression de ses mangas et fait aussi la découverte des hobbies autour du monde du doujins comme le cosplay. Pour notre plus grand bonheur tout cette découverte est emballée dans une bonne dose d’humour qui fait mouche. Taishi, le personnage qui pousse Kazuki dans l’univers du doujin, est un personnage comme je les adore; hyper exagéré, il veut dominer le monde au travers des doujins de Kazuki. Pour lui apprendre comment ce petit monde fonctionne, il n’hésite pas à le jeter dans sa première convention sans aucune aide et lorsque son ami aura besoin d’un travail, il le fera travailler dans un café-cosplay où il devra se déguiser en fille. Il s’adresse à tout le monde avec des “My Brother !” et “My Sister !” splendides et n’hésite pas à utiliser des mots anglais en vrac dans ses phrases et dès qu’il dispense son savoir, il ne peut pas s’empêcher de prendre des poses extravagantes. Rien que pour toute la dose d’humour que Taishi apporte tout au long de la série, je la recommanderai ! L’humour ne repose bien entendu pas uniquement sur ses épaules : on a aussi Eimi Ohba, la jeune prodige vantarde et mesquine qui rajoute “super” à tous les adjectifs qu’elle emploie pour se décrire. Elle signe des autographes à chaque personne qui s’adresse à elle, même si cette personne n’en a pas envie. Sa petite guéguerre avec Yuu, sa rivale, est très amusante et les voir se lancer des piques divertit énormément. Yuu est aussi marrante avec son accent si particulier et son entrain naturel. Enfin il a y a les deux otakus qui reviennent souvent tout au long des épisodes et qui font rire eux aussi par leur exagération extrême et leur façon de se comporter comme des “pros”.

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Taishi : BEST.OTAKU.EVER !

Passons sur les points faibles qui empêchent vraiment à cet animé de devenir un classique. Tout d’abord, le personnage de Kazuki est plutôt fade et peu attachant. L’arc du milieu de série où il fait un caca nerveux et est tout déprimé parce que son manga ne s’est pas vendu est vraiment chiant et l’on s’énerve devant sa réaction stupide. On comprend qu’il faut qu’il réalise qu’un doujin doit être fait avec amour et pas pour se vendre et qu’il ne suffit pas de jeter en vrac des maids, des nekomimi, des femmes à gros seins, des mechas etc dans son manga pour qu’il soit un succès mais honnêtement c’est traité de telle façon qu’il parait très antipathique et qu’il passe pour un vrai idiot (ouais il met 3 épisodes pour comprendre qu’il a fait de la merde quand même…). C’est à peu près pareil pour le personnage de Mizuki : on la verra la plupart du temps se morfondre parce que Kazuki consacre plus de temps aux doujins qu’à elle et toute la trame qui concerne leur relation est en trop : stéréotypée au possible, gnan-gnan, pleine de bons sentiments, bref une histoire comme on la voit dans mille et une comédies romantiques peu passionnantes. Kazuki, après son caca nerveux, ne se remet pas tout de suite aux doujins donc on a le droit à des épisodes qui ont rien à voir avec le sujet principal mais juste avant la fin de la série, il aura une révélation et on revient heureusement vers l’excellente qualité des premiers épisodes. On pourra aussi se lamenter sur le fait que Comic Party aurait pu être une excellente comédie satirique dans la veine de Genshiken ou Otaku No Video mais le fait est là l’animé est à peine parodique : on a le droit à une scène To Heart au premier épisode et à un cosplay Wedding Peach. Pas grand chose qui titille l’otaku averti.

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Mizuki et Kazuki, le couple chiant.

Heureusement à part les deux héros, si on peut les appeler ainsi, les autres personnages sont très attachants et malgré les mauvais passages, on enchaîne les épisodes avec plaisir, avide d’en savoir plus sur l’univers des doujins. Il y a une petite ambiance sympathique qui émane de l’animé qui fait que j’ai tout de suite accroché dès le premier épisode. C’est énergique, engageant et un très bel hommage au monde du doujin. Malheureusement l’animation est pas super, les chara-designs font un peu vieillot mais restent agréables grâce aux jolies filles et sont très originaux avec une personnalité vraiment détachée pour chaque personnage. A noter que les filles possèdent, comme dans Full Metal Panic, ces sortes de traits bizarres sous les yeux faisant penser à des moustaches, sensés représenter je-ne-sais-quoi. La musique est convenable, ne se fait pas trop remarquer mais l’OP est très entraînant (pas pu m’empêcher de le fredonner à chaque fois). Je le redis pour ceux qui espéraient, malgré l’adaptation d’un jeu hentai, il n’y AUCUNE scène avec ne serait-ce qu’une culotte.

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Eimi Ohba, la super-dessinatrice.

Comic Party est donc un animé très attachant, qui captive vite mais surtout un très bel hommage consacré au manga amateur. Il y est décrit avec fidélité et on apprécie en apprendre plus sur les difficultés des métiers et l’ambiance lors des conventions. Le début est génial, hilarant, surtout grâce à Taishi mais le milieu est très décevant car s’éloignant du sujet et se concentrant sur une relation insipide et les problèmes d’un personnage “énervé” qui n’intéressent pas. Heureusement la fin reprend de plus belle et malgré la fin ouverte qui frustre quelque peu, on assiste au final à un très bon animé qui aurait mérité un ton un peu plus ironique et moins de personnages dépressifs.

4 thoughts on “Comic Party

  1. Parmis les anime traitants des Otakus, tu oublie quand même de citer le spécialiste en la matière “Cosplay Complex”.
    3 OAV remplies de tous les clichés possibles (compétition, magical girl, onsen, lycée, WAFFy…), toutes les références possibles (Keroro Gunso, FinalF., FMP, Kiki, …) et inimaginables (un tas d’autres animes dont je n’ai jamais entendu parler). Le tout avec

  2. une héroïne méritant des coups tatane à longueurs d’épisodes, un président aussi discret qu’un ninja et amoureux que Nicky Larson, et même un club de cosplay concurent pour les concours mondial !
    Bref, rien sur la vie perso des cosplayeurs ou les “difficultés” du métier, mais une bonne tranche de rire.

    Je ne l’ai pas vue, mais il existe aussi la série “Cosprayer” dans le même domaine.

  3. avec… ?
    C’est vrai que j’ai oublié ces OAV et pourtant je les ai vues ! Le seul aspect que t’a oublié c’est le fanservice proéminent qui m’a fait regarder l’animé en premier lieu donc je suppose que tu voulais parler de ça 8). C’est vrai que c’est culte dans le genre.

    EDIT : ah bah non loupé :p.

  4. Mes deux commentaires se suivent, mais comme il n’y a pas de fonction d’édit, j’ai continué ma phrases dans le commentaire suivant.

    “fanservice proéminent” ? Non, non, je ne vois pas…

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