Sola

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Sola est un animé passé relativement inaperçu, malgré les grands noms à son générique. Avec Naoki Hisaya (scénariste de Kanon) au scénario et Naru Nanao (character designer de Da Capo) au chara-design, on pouvait s’attendre à un animé de qualité, dramatique tout en ayant une touche de fantastique et disposant de personnages extraordinaires. Même si Sola n’atteint pas le niveau de qualité de Kanon, il reste cependant un animé court (13 épisodes seulement) très sympathique et captivant qui mérite vraiment toute votre attention.

Sola nous raconte donc l’histoire de Yorito Morimiya, jeune lycéen captivé par le ciel au point d’en prendre des photos dès qu’il en a l’occasion. Il rencontre un jour une fille étrange et excentrique, Matsuri, qui s’avére être pourchassée et Yorito découvrira bien malgré lui que Matsuri est en fait un Yoka, créature aux étranges pouvoirs ne supportant pas le jour. Yorito recueille alors Matsuri chez lui, essayant de dissimuler la jeune fille aux yeux de Mana, sa meilleure amie et Aono sa grande soeur hospitalisée.

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Dès les premiers épisodes, Sola captive. On reconnait bien la patte du scénariste de Kanon car l’animé dégage la même atmosphère et dispose de la même ambiance que son ainé. On retrouve donc ce mélange de tranche de vie teinté de fantastique qui donne une envie folle de voir les prochains épisodes. LE truc qui vous poussera cependant à regarder Sola est Matsuri. Mignonne, délurée, marrante, moe, originale, elle apporte un charme fou aux premiers épisodes de Sola. Doublée par Mamiko Noto dans ce qui restera sûrement l’un de ses meilleurs rôles, c’est un personnage qui sort de tous les stéréotypes des animés pour nous apporter un véritable vent de fraîcheur sur cet animé peu original à la base. Elle devient donc une raison de plus d’enchainer les épisodes car on finit par s’attacher énormément à elle et on se demande donc comment son personnage va donc bien pouvoir évoluer. Petit à petit cependant, l’animé bascule de plus en plus dans le fantastique et le dramatique mais ici point de harem pour notre héros : même s’il est vrai qu’il est le seul et unique personnage masculin de l’histoire, aucune intrigue amoureuse (ou presque, j’y reviendrai) ne sera développé lors des 13 épisodes. Le scénario prend donc une tournure plus sombre et multiplie littéralement les cliffhangers et retournements de situation  : les épisodes regorgent d’action, contraste difficile à assimiler au début, tant les premiers épisodes étaient lents. On se réjouit cependant devant cette histoire vraiment captivante et on ne pourra jamais vraiment s’exclamer “J’en étais sûr” tant le déroulement de chaque épisode est imprévisible.

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Malheureusement, Sola est une série courte et devant toute cette profusion d’action, il a fallu faire un choix : le développement de l’histoire ou celui des personnages ? On se retrouve donc face à un problème de taille : comment les retournements de situation peuvent-ils provoquer de l’inquiétude chez le spectateur alors que les personnages concernés ont été à peine développés ?  Malgré des révélations toutes plus surprenantes les unes que les autres, on en vient finalement à devenir passif et à ne plus rien ressentir pour nos héros. Ceux-ci commencent de plus vers le milieu de la série à avoir des comportements totalement différents et on retrouvera dans quelques épisodes ces “sautes d’humeur” tellement improbables que l’on croirait se trouver devant de nouveaux personnages. Matsuri passe du personnage inoubliable à une peste égoïste qui agit sans considération des autres et Yorito, personnage tout d’abord fade mais pas pour autant désagréable, aura une période de déprime aussi brève qu’intense, dont il ne sortira que pour apprendre un élément effroyable sur son existence qui ne le fera même pas cligner des yeux et finira par devenir un individu suicidaire. Aono sauve un peu la mise, étant le personnage le plus et le mieux développé de Sola, dont les actions auront toujours un sens ainsi qu’une raison et qui se révèlera vite très touchante. De même pour Mana, qui deviendra après Matsuri le personnage le plus sympathique de l’animé ainsi que pour le couple Takeshi/Mayuko qui évolue tout au long de la série, malgré un retour trop bref sur leur passé.

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On pourra aussi se lamenter sur le fait que le passé de nos 3 héros n’est que trop peu exploré alors qu’il est la clé et le fondement de l’histoire, ainsi, même si l’on sent que Yorito et Matsuri sont amoureux, il n’y aura à aucun moment un flashback éclaircissant leur rencontre ainsi que la nature de leur relation. De façon générale, la relation entre Aono, Yorito et Matsuri n’est que trop peu explorée et on ne ressent donc aucun lien fort entre eux alors qu’ils sont le trio central de héros. Nomad décide donc de sacrifier ses personnages au profil d’un scénario, certes captivant, mais qui produit peu d’effet lorsque les personnages sont inexistants. Les problèmes de rythme (personnages au comportement trop volatile au sein d’un même épisode, dénouement trop rapide d’une intrigue etc) n’aident de plus pas à arranger les choses tout comme le manque de réalisme de certaines situations (les “téléportations” de Yorito et l’invinsibilité de Matsuri en tête). On en vient vite à penser que Nomad a tout simplement loupé son coup et que le résultat aurait été bien meilleur aux mains d’un autre studio d’animation. Même si cela est vrai, (KyoAni, un remake après Haruhi saison 2 !) ses prouesses techniques sont tout de même même dans le haut niveau du panier malgré un chara-design inconsistant (les mentons des personnages sont des fois tellement pointus qu’on a peur qu’ils se fassent mal !), l’animation étant fluide et dynamique comme il le faut lors des combats et la bande sont tout simplement sublime. Les background sont de même magnifiques et on aimerait bien habiter la même ville que Yorito, tellement on y semble bien vivre.

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Sola n’est pas pour autant un animé mauvais. Malgré toutes les inconsistances et les défauts du scénario, Sola dégage un charme vraiment particulier et on apprécie énormément chaque épisode sans qu’ils nous dérangent. Vraiment excellent à ses débuts, lents mais attachants et à la thématique poétique et merveilleuse, Sola semble donc être un tranche de vie castré car le studio d’animation aura fait le mauvais choix de le transformer en animé d’action en son plein milieu. On est donc forcément déçu, malgré un dernier épisode très joli et qui revient pour ainsi dire aux sources, car toutes ses qualités ne permettent pas d’oublier qu’un tel potentiel méritait mieux. Difficile en effet de se contenter d’un bon animé quand il y avait matière pour un excellent animé. C’est cependant un visionnage extrêmement agréable et divertissant qui vous donnera de plus envie de revoir R.O.D. ! J’attends donc impatiemment les OAV prévus pour cet automne, en espérant qu’ils apporttent aux personnages les développements qui leur manquent.

2 thoughts on “Sola

  1. J’ai adoré de bout en bout personnellement :). L’équilibre entre le développement des personnages et l’histoire est très bon.

    Pour Matsuri que tu juge égoïste sur la fin, je pense que c’est juste dû à une mauvaise interprétation de ses actions. Ca discutait pas mal à ce sujet sur les sites anglais.
    Sinon ta remarque sur son invincibilité. N’oublie pas qu’elle est immortelle et qu’elle ne gagne jamais un combat ;).

    Et l’ost est superbe sinon. Bref j’attends les deux oavs maintenant ^^.

  2. J’ai aussi adoré :D
    La série aurait gagné à être plus longue, puisque la 1ère moitié on regarde pour Matsuri, la 2nd pour l’intrigue. A ce sujet la seconde moitié des épisodes a quasi-systématiquement des fins à cliffhanger, l’angoisse quand on suit la série semaine par semaine xD Surtout que c’est vraiment de bonnes fins.

    Bref une série à conseiller, même si elle n’est pas au top niveau.

    J’attends avec impatience les 2 OAV, peut-être plus de développements des personnages ^^

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