Twin Spica

Lion-san (mais comment joue-t-il au fait ?) et Asumi.

La frustration est le sentiment qui prédomine à la fin de mon visionnage de Twin Spica. Celui-ci est d’ailleurs tellement fort que je ne peux m’empêcher d’écrire cet article alors que je viens juste de finir l’animé; mes pensées encore un peu en vrac. J’avais commencé à regarder les 6 premiers épisodes il y a déjà un bout de temps et, croulant sous la masse d’animés alors en cours au Japon, avait décidé de garder la suite de ce que je pensais déjà être un excellent animé pour plus tard, afin d’apprécier encore plus chaque épisode. Mais malheureusement, alors que les épisodes se succédaient, mon bonheur se dissipait petit à petit pour faire place à la déception et l’énervement.

Quand Asumi Kamogawa était encore bébé, la navette spatiale Shishigou (Lion) se crasha sur le petit village de Yuigahama tuant et blessant de nombreuses personnes et notamment la mère d’Asumi qui meurt des années plus tard à la suite de ces graves brûlures. Asumi rencontre bientôt Lion-san, un fantôme mystérieux au masque de lion d’un des astronautes morts dans l’accident du Shishigou qu’elle est la seule à voir et qui devient vite son ami. Le rêve d’Asumi est de devenir astronaute et afin de le concrétiser, elle passe alors adolescente le concours d’entrée pour l’Académie de l’espace de Tokyo et se retrouve alors face à un épreuve bien singulière…

A la lecture de ce résumé, on s’attend sûrement à ce que la suite de l’animé nous raconte toutes les épreuves qu’Asumi traverse pour devenir astronaute pour enfin la voir décoller vers l’espace. Et bien que nenni car le concours d’entrée (qui prend quand bien même pas mal d’épisodes) est bien la seule chose de passionnante qui arrivera à Asumi au cours de son séjour à l’Académie de l’espace. Les 6–7 épisodes nous promettent donc un superbe animé moitié science-fiction, moitié tranche de vie, un peu à la manière de Planètes et le bonheur est vraiment complet. Les flashbacks racontant l’enfance d’Asumi sont vraiment touchants au possible et l’épreuve d’entrée à l’Académie est intrigante et captivante et l’on a hâte de voir quelles autres surprises attendront les élèves une fois admis. Malheureusement, une fois ceci accomplit, la série s’enlise vite dans une histoire peu passionnante et totalement tranche de vie, sans aucune trace d’espace ou quoi que ce soit.

Ah ouais, c'est vrai : Asumi est également naine.

Mes fans (hum) savent pourtant que j’adore le tranche de vie et que même les histoires les plus chiantes arrivent à me passionner si elles sont contées d’une manière un tant soi peu agréable et poétique. Twin Spica n’arrive à aucun moment à nous plonger dans l’histoire de nos personnages principaux, l’aspect tranche de vie reste en permanence ennuyeux, la faute sûrement à une réalisation médiocre et à des personnages peu captivants. En effet, Asumi se constitue rapidement un petit groupe d’amis constitué de son ami d’enfance qui dit “baka” à chaque phrase qu’il prononce et qui est en fait amoureux d’elle mais qui fait semblant d’être indifférent Shinnosuke Fuchuuya, le gars paresseux cool mais pourtant étrange Shuu Suzuki, la tsundere super-énergique Kei Oumi et la mystérieuse princesse Marika Ukita. Ceux-ci se révèlent vite être des personnages extrêmement clichés et sans une once d’originalité et n’ont à aucun moment au cours des 20 épisodes qui constituent cet animé le droit au moindre développement. Quel comble pour un animé axé sur le tranche de vie quand même ! Les seuls personnages (en dehors d’Asumi bien sûr) à être un peu développés sont ceux qui peuplent les flashbacks et Marika. Cette dernière à le droit à un peu de passé casé rapidement lors des derniers épisodes, mais son histoire et sa psychologie qui semblaient pourtant passionnants seront bâclés et la plupart de nos questions resteront sans réponse… Un vrai dommage lorsque l’on vient à se rendre compte que c’est le seul personnage du présent qui était un tant soi peu intéressant.

Un élément sauve pourtant la série du naufrage : ses flashbacks. L’enfance d’Asumi dans la ville traumatisée de Yuigahama est, contrairement au présent, toujours passionnante et touchante. A chaque épisode flashback, on en découvre un peu plus sur les personnes et événements ayant façonnés Asumi : sa professeur d’école, des amis, l’entraînement de Lion-san afin de la préparer à devenir astronaute…  Ce sont lors de ces épisodes qu’on a afin des développements de personnages (même s’ils n’apparaissent que pour un épisode !) et que l’aspect tranche de vie de l’animé fait enfin son effet. Ils sont tout le contraire des épisodes axés dans le présent qui nous laissent totalement indifférents. Ils sont assez bien dispersés dans la trame principale (si elle existe) et nous sortent de temps à autre de l’ennui pour au moins un épisode.

Asumi petite donc encore mignonne.

Revenons un peu sur les personnages principaux et notamment notre héroïne : Asumi. Très mignonne au début et pendant les flashbacks, elle devient vite agaçante. C’est une fille très déterminée, ne perdant à aucun moment de vue ses rêves et ferait tout pour ses amis. Sur le papier, ça rend plutôt bien mais en pratique, on a souvent envie de lui mettre des claques. Sa naïveté profonde tourne trop souvent à l’imbécillité ou à l’autisme pur et dur. Elle aurait eu parfaitement sa place dans les Teletubbies où le monde est tout rose, tout beau. Je ne sais pas si certains se souviennent de Bimbou Shimai Monogatari où l’on suivait les aventures gnan-gnan de deux soeurs niaises comme tout. Et bien Asumi a sûrement servi de modèle aux créateurs de cet animé. La voir agir est parfois douloureux tellement c’en est absurde et irréel. Prenons un exemple : à la fin de l’animé, pendant une épreuve, Asumi aperçoit une tache de sang qu’elle apprend plus tard appartenir à Marika. Ses amis la retiennent alors d’aller la chercher car de toute façon 1) ils ont des transmetteurs donc les professeurs l’ont déjà sûrement récupérée, 2) si elle part maintenant la chercher, elle échouera à l’épreuve et son rêve de devenir astronaute sera alors détruit. Mais Asumi ayant l’intelligence d’une moule (ou plutôt d’un enfant de trois ans) n’écoute que son courage et sa doctrine étant “Les amis pour la vie !” court chercher Marika en faisant une petite feinte au passage car elle fait semblant de partir avec ses amis. Et ceci sachant que Marika la déteste hein. Asumi agit tout au long de la série comme un véritable enfant et parait plus mature dans les flashbacks que dans le présent (encore un comble) et j’en suis bien vite venu à me lamenter constamment devant son comportement inconscient alors qu’elle me semblait être un personnage naïf mais attachant lors des premiers épisodes. Pour couronner le tout niveau énervement, la fin est à chier car non-conclusive et laissant bien trop de questions en suspens. On regrette de n’en savoir pas plus sur les causes du Shishigou, sur Marika ou encore sur Lion-san, le seul personnage original et intéressant apparaissant aussi bien dans le passé que dans le présent.

Marika.

L’aspect technique de l’animé aurait pu contribuer à améliorer l’aspect tranche de vie, mais non. Les chara-designs sont très simples mais pas horribles pour autant si l’on met de côté les deux tâches rouges sur les joues d’Asumi dont la signification m’échappe encore maintenant. Les backgrounds sont par contre magnifiques, surtout ceux de la jolie ville de Yuigahama et contribuent encore plus à rendre les flashbacks savoureux. Ils me rappellent d’ailleurs ceux de Asatte No Houkou pour leur style crayonné. L’animation est, elle, très minimaliste et certains passages sont assez louches (quelques scènes où les personnages courent et où les bras ne se balancent pas à une vitesse normale). Mais de façon générale, l’aspect visuel est assez bon, même si pas transcendant. La musique est très bonne, les thèmes en eux-mêmes sont plutôt beaux et accompagnent bien les passages mélancoliques et tristes mais ne se font pas assez remarquer et c’est plutôt dommage car ils sont originaux. Je passe sur l’OP qui ne va pas du tout avec l’ambiance de l’animé et sur l’ED dont la voix du chanteur m’insupporte ainsi que sur les seiyuu dont le boulot est plus que correct.

Au final donc une énorme déception et un visionnage qui laisse le goût amer de la frustration en bouche. Comment un animé peut-il si bien commencer, mélange parfait de science-fiction et de tranche de vie au scénario bien tenu et émouvant et finir par devenir si … commun. Pourquoi avoir laisser tomber le côté entraînement d’astronaute si original et qui promettait bien des péripéties ? Comment le réalisateur Tomomi Mochizuki, ayant participé à certains des plus grands chefs-d’oeuvre de l’animé tranche de vie comme Yokahama Kaisashi Kikou ou Maison Ikkoku a-t-il fait pour rendre son histoire si peu passionnante, si erratique et si inexistante ? Un vrai gâchis, surtout à la vue des premiers épisodes et des flashbacks pourtant si bons qui auraient pu contribuer à un vrai petit bijou d’excellence. Je crois bien n’avoir jamais autant été déçu par un animé au potentiel si grand et j’espère bien pouvoir un jour lire le manga afin d’avoir au moins le fin mot sur l’histoire d’Asumi et constater si oui ou non elle parvient à rejoindre l’espace avec ses amis.

De gauche à droite : Fuchuuya, Shuu, Asumi et Kei.

PS : Non, cet animé n’est pas mauvais, si je devais le noter je lui mettrai même un 6.5 ou un 7/10 (oui les premiers épisodes et flashbacks sont vraiment captivants !) et paraîtra peut-être bon pour les personnes arrivant à supporter Asumi. Mais la déception est vraiment immense quand on en vient à réaliser à quel point cet animé aurait pu être un chef-d’oeuvre et l’on regrette vraiment qu’il ne soit pas arriver à se soulever au-dessus de la masse des animés médiocres.

One thought on “Twin Spica

  1. Ouch ! J’aurais envie de dire “plutôt sévère”, sauf qu’en fait la série m’a laissé une impression assez similaire, moins sévère quand même vu que j’ai plutôt bien réussi à supporter Asumi.

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